L’origine du gode ceinture remonte à l’Antiquité grecque, où ces objets étaient déjà fabriqués par des artisans spécialisés. Contrairement aux idées reçues, cette pratique n’est pas récente et trouve ses racines dans des considérations à la fois médicales et sociales de l’époque. Découvrons ensemble cette histoire fascinante qui traverse les siècles et révèle bien des surprises sur notre rapport à la sexualité.
Sommaire :
Les origines antiques : quand tout a commencé
L’histoire du gode ceinture commence véritablement dans la Grèce antique. Les Grecs, avec leur vision particulière de la sexualité féminine, avaient développé tout un artisanat autour de ces objets. À cette époque, les femmes étaient considérées comme des créatures aux pulsions incontrôlables, et l’utilisation d’olisbos (nom grec du godemichet) était même encouragée par la société.
La pièce de théâtre Lysistrata d’Aristophane, écrite au Ve siècle avant J.-C., nous apprend que les artisans de Milet étaient réputés pour la fabrication de ces objets. Cette spécialisation artisanale prouve que l’usage était déjà répandu et socialement accepté. Les femmes grecques utilisaient ces accessoires fabriqués en cuir, rembourrés d’herbes séchées ou de soies, et lubrifiés à l’huile végétale.
D’ailleurs, si vous cherchez des modèles modernes de qualité, je vous recommande de jeter un œil à la collection Strap on Me qui propose des harnais et accessoires dans la pure tradition de l’innovation et du savoir-faire.
La société grecque avait tout intérêt à encourager cette pratique. Plutôt que de voir les femmes « traîner dans les rues » à la recherche de partenaires (ce qui aurait déshonoré leurs familles), il était préférable qu’elles restent sagement à la maison avec leurs olisbos. Cette logique révèle beaucoup sur la mentalité de l’époque concernant la sexualité féminine et le contrôle social.
Rome antique : continuité et évolution
Rome antique a perpétué cette tradition, bien que les textes de l’époque montrent une certaine ambivalence. Le nom latin gaude mihi (qui donnera plus tard « godemichet ») signifie littéralement « réjouis-moi ». Pétrone évoque dans le Satiricon des phallus de cuir similaires aux descriptions grecques, montrant une continuité dans les techniques de fabrication.
Les Romains, pragmatiques comme toujours, considéraient que l’acte sexuel devait avant tout servir à alimenter la cité en nouveaux citoyens. Les femmes respectables n’étaient pas censées prendre de plaisir, mais la réalité était bien différente, comme en témoignent les nombreuses moqueries littéraires sur l’usage des godemichets.
Le Moyen Âge : une tolérance surprenante
Au Moyen Âge, l’Église adopte une position surprenante. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, certains théologiens comme Albert le Grand considèrent que la masturbation féminine est un moindre mal comparé à l’adultère ou à la débauche. Cette tolérance relative s’explique par le fait que les femmes ne « gaspillent » pas de semence, contrairement aux hommes.
Burchard de Worms, évêque du XIe siècle, décrit avec un certain dégoût ces « machines de la taille qui convient », mais sa description même prouve que ces pratiques étaient courantes. L’Église appliquait le principe du « moindre mal » : mieux valait cela que la prolifération d’enfants illégitimes ou l’adultère.
Les pénitentiels de l’époque mentionnent l’utilisation de légumes ou d’objets en bois, tandis que les classes aisées s’offrent des modèles de luxe en ivoire, velours ou soie. Cette stratification sociale dans l’accès aux sex-toys n’est finalement pas si différente d’aujourd’hui !
Renaissance : l’art du verre et du raffinement
Le XVe siècle marque un tournant avec les créations en verre de Murano. Ces pièces d’exception, soufflées par les maîtres verriers vénitiens, deviennent de véritables objets d’art érotique. Bouteilles et coupes aux formes évocatrices ornent les tables des riches, créant une ambiance propice aux plaisirs charnels.
Pierre l’Arétin, dans ses Ragionamenti, décrit avec délectation ces « fruits de verre fabriqués à Murano… à la forme de témoignage d’homme ». Ces objets de luxe alimentent même la littérature érotique de l’époque, devenant un fantasme récurrent chez les auteurs.
En Angleterre, Thomas Nashe évoque dans The Choice of Valentines un « little dildo » en verre qui ne risquait « jamais de faire gonfler le ventre avec un enfant » et qui se nourrissait « d’eau chaude ou de lait » pour simuler l’éjaculation. L’innovation était déjà au rendez-vous !
Les Temps modernes : démocratisation et commerce
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’offre se diversifie selon les moyens de chacun. Charles de Cigogne, auteur érotique, dresse un inventaire détaillé dans son poème Godemichy : velours, satin, verre, manches d’épousettes, navets ou concombres… Chaque classe sociale trouve son bonheur ! Ces objets, au-delà de leur simple fonction, s’inscrivent alors dans une logique plus intime, certains y voyant un moyen discret de pimenter le quotidien.
À Paris, c’est chez Madame Marguerite Gourdan, la « Petite Comtesse » du 23 rue Dussoubs, qu’il faut se rendre. Son établissement accueille la haute société et fournit des « consolateurs » même aux religieuses, comme en témoignent les lettres retrouvées à sa mort.
À Londres, Madame Phillips vend ouvertement des dildos à Leicester Square, en plein cœur de la ville. Cette commercialisation décomplexée montre que l’objet était entré dans les mœurs.
L’ère industrielle : révolution technique
Le XIXe siècle révolutionne la production avec l’exploitation du caoutchouc d’Inde. Les prix chutent drastiquement : à Londres dans les années 1840, on trouve des modèles entre 2 et 10 livres sterling, les rendant accessibles à une clientèle plus large.
Cette période voit aussi naître le premier vibromasseur électrique en 1883, inventé par le médecin anglais Joseph Mortimer Granville. Son « marteau de Granville » fonctionnait à la vapeur et était prescrit pour soigner l’hystérie féminine. Les médecins de l’époque, convaincus que les massages vulvaires étaient thérapeutiques, recommandaient ces appareils à leurs patientes.
Cinquième objet à être électrifié (après la bouilloire mais avant l’aspirateur), le vibromasseur révèle les priorités de l’époque : le thé et le sexe pour les Anglais !

